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jazz - Page 5

  • Musique

    Je ne vais pas vous faire croire que je suis particulièrement sensible à cette célébration qu'on appelle la Fête de la Musique... J'imagine que nul ne contestera le fait que je déploie quelques efforts, tout au long de l'année, pour la célébrer, sans qu'il me soit nécessaire d'arpenter un soir par an les rues de la ville et tenter de me frayer un chemin au beau milieu de hordes alcoolisées dès que la nuit tombe (et même avant d'ailleurs). Dommage que ces foules ne manifestent pas dans leurs choix quotidiens un intérêt aussi marqué pour la musique durant tout le reste de l'année. Néanmoins, je ne veux pas faire le grincheux et j'adopte une méthode qui constituera ma contribution à cet événement. Il s'agit d'une rédaction (trimestrielle) pour le compte d'un collectif de passionnés de musique en général et de jazz en particulier. Allez, venez, c'est par ICI !

  • Éperdu

    lost_on_the_way.jpgLe XXIe siècle sied très bien à Louis Sclavis. Parce que sa discographie - abondante désormais depuis la fin des années 70 - recèle de magnifiques moments dont les plus récents (L'Affrontement des Prétendants, Napoli's Walls, L'Imparfait des Langues et aujourd'hui Lost On The Way) constituent comme une suite qui frise la perfection. Avec ce nouveau disque qui évoque l'odyssée d'Ulysse, et pour lequel il renouvelle en partie son quintette (Maxime Delpierre et François Merville étant toujours présents), Louis Sclavis fait une fois encore éclater au grand jour une musique lyrique, inventive et nerveuse. Il y a ceci d'un peu magique chez lui qui est la patte des grands : on sait très vite à qui on a affaire, sans pour autant savoir où l'artiste veut nous emmener. Alors on se laisse guider, au gré des vents et on le laisse nous raconter une histoire dont on n'a pas envie de connaître la fin.

    « J'ai joué à me perdre pour sortir d'une route déjà tracée » confie le clarinettiste. Alors bien joué en effet et quant à moi, je me porte volontaire pour tomber autant de fois que nécessaire de Charybde en Scylla, tant il est bon, sinon d'être perdu dans l'inconnu, du moins de revenir comme éperdu du bonheur éprouvé à la rencontre d'un jazz contemporain dont la richesse nous laisse espérer qu'il aura encore bien des pages à tourner.

    podcast

    En écoute : quelques minutes de « De Charybde en Scylla », extrait de Lost On The Way (ECM 2098 1798497).

    Louis Sclavis (clarinettes, saxophone soprano), Matthieu Metzger (saxophones soprano et alto), Maxime Delpierre (guitare), Olivier Lété (basse), François Merville (batterie).

  • Tous

    Finalement, ça valait le coup de se torturer les méninges et de plancher sur le sujet que notre collectif de blogueurs jazz, le Z Band, s’était imposé pour la cinquième édition de sa publication synchronisée, «Tous sur Mingus». Le grand Charles nous a plutôt bien inspirés et l'on trouve de bien beaux moments de lecture dans la petite dizaine de textes que nous avons écrits. Tiens, par exemple : la chronique de la Pie Blésoise où le disque Mingus Oh Yeah est présenté en même temps que se mijote une soupe de légumes ou bien encore la rythmique magnifique du texte écrit par l’Ivre d’Images. Et tous les autres aussi… Quant à ma petite contribution, vous pouvez la lire ICI.

  • Ah, Mingus !

    mingus_cowboy.jpg30 ans après sa mort, 50 ans après la parution d’un disque que beaucoup considèrent comme le meilleur passeport pour franchir les frontières de son œuvre, Charles Mingus continue de nous livrer ce qui est l’essence même de toute création artistique : l’âme. Regards croisés par une bonne dizaine d’amis distants autour de la musique du contrebassiste…

    Voilà qui m’apprendra à creuser trop profondément certains sillons et à me laisser goulûment engloutir dans les univers infinis d’un quarteron de musiciens, devenus des compagnons de vie à force d’abuser de leur fréquentation. Dis donc, Coltrane, qu’as-tu fait ? Ton parcours de comète, fulgurant et mystique, a tellement consommé de mon énergie que j’en ai fini par oublier, parfois, que tu n’étais pas seul au monde sur la belle planète du jazz ! Aujourd’hui encore, il ne s’écoule pas une semaine sans que je ne m’en réfère à ta musique lorsque la nécessité de charger mes batteries musicales se fait sentir. Un exclusivisme qui, très certainement, marque une profonde injustice envers tes pairs, au point que je dois me rendre compte aujourd’hui que certains d’entre eux, parmi les plus grands, me sont presque des inconnus. Mais la vie avance toutefois et leurs causes ne sont pas perdues, je leur dois bien ça. Un jour certainement…

    Prenez Mingus par exemple, Charles de son prénom. Que sais-je vraiment de lui en dehors de ce que n’importe quel profane est censé connaître ? L’essentiel peut-être : Mingus, musicien génial et hors de toutes les normes, compositeur et arrangeur d’exception, sa formation classique, cette église méthodiste où il chante le blues et où l’on se livre «aux incantations et aux lamentations qui répondent au preacher». Je sais aussi sa force physique, ses confrontations parfois violentes avec d’autres musiciens qui lui ont valu, par exemple, d’être exclu de l’orchestre de Duke Ellington après une altercation avec Juan Tizol, le compositeur de «Caravan». Ses compagnons de route aussi, dont le génial Eric Dolphy, autant de musiciens qui vont s’accomplir à ses côtés, et surtout à ses côtés d’ailleurs, lui l’artificier dont la contrebasse disait la fureur et l’invention. Un homme en colère, cet «homme noir aux Etats-Unis», qui racontera sa vie dans une autobiographie aux accents tragiques appelée «Moins qu’un chien», et dont le titre parle de lui-même. Mingus a écrit les grandes pages de son histoire entre les années 1956 et 1962 avant de s’éclipser durant de longues années puis d’effectuer un retour sur scène en 1971. Avant de disparaître en janvier 1979, le 5 exactement, il y a trente ans donc, frappé par un mal qui l’avait cloué sur un fauteuil pour l’épuiser jusqu’à sa mort.

    J’aimerais citer ici in extenso le paragraphe de conclusion que Francis Marmande écrit à son sujet dans le Dictionnaire du Jazz : «Emotif et recensant en lui-même les émotions de son peuple, Mingus a entrepris de faire ouvertement parler, crier, la musique, comme on fait parler la poudre. Avec une énergie très physique qui concentrait ses qualités de compositeur, d’arrangeur ou d’agitateur. Avec une générosité et une intégrité qui ont contraint toutes les communautés (celle des musiciens lui étant acquise) noires, blanches, officielles et marginales, à le reconnaître et le saluer. In extremis peut-être, mais tout de même». Rien à ajouter.

    Si tout de même parce que bien sûr, je connaissais quelques thèmes majeurs de cet homme «en colère tous les jours» : «Better Get In In Your Soul», «Goodbye Pork Pie Hat» ou «Fables Of Faubus». De ces dernières, j’avais eu connaissance à la fin des années 80, lorsque Claude Nougaro, avec l’accord de Sue, l’épouse de Mingus, en avait proposé une adaptation appelée «Harlem» sur son album Nougayork. Des secondes, je connaissais depuis longtemps (toujours ?) la mélodie, sans forcément l’identifier, avant que Michel Portal ne la reprenne à son compte sur l’album Minneapolis. Un survol finalement, l’idée que j’avais affaire à un acteur essentiel de la scène musicale du XXe siècle, mais qu’il serait bien temps de voir ça un peu plus tard. Bizarrement, je n’avais jamais pris le temps d’écouter un disque de lui, du début jusqu’à la fin… Allez comprendre que ce n’est pas sans une certaine appréhension que j’ai accepté de me joindre à ma cohorte de blogueurs lorsqu’il s’est agi, en toute liberté, d’écrire un texte consacré à monsieur Mingus. J’ai retourné des dizaines de fois la question dans ma tête et finalement choisi de jouer cartes sur tables. Puisque sa musique ne m’était que mal connue, pourquoi le cacher et faire comme s’il en allait autrement ? Non, autant se présenter tel qu’on est et dire sa démarche : d’abord consulter quelques archives, mon dictionnaire du jazz en particulier, un peu jauni déjà et lire les pages magnifiquement écrites par Francis Marmande. Puis choisir un disque parmi les enregistrements à ma disposition et, finalement, n’avoir aucune hésitation quant à la galette à sélectionner en m’apercevant que les thèmes que je connaissais le mieux avaient tous été enregistrés en 1959 pour le disque Mingus Ah Um. Et là, l’évidence, comme dirait Monk ! Celle de se mettre un chef d’œuvre entre les oreilles, un disque inoxydable dont chaque pièce semble à la fois un classique mais aussi d’une terrible actualité. Dans ce disque quinquagénaire, ça bouillonne, ça gronde, ça chante, il y a là l’essence de la vie, l’esprit d’un homme et d’un peuple qui marche vers un monde qui pourrait être meilleur si… mais qui ne l’est pas, néanmoins. Cette force vitale emporte tout sur son passage tant le propos, qui s’appuie pourtant sur des arrangements complexes et novateurs, est d’une limpidité fougueuse.

    Et voilà que je culpabilise maintenant : comment avoir réussi à zigzaguer à ce point jusqu’à parvenir à éviter une rencontre plus précoce avec Charles Mingus ? Un exploit assurément, et la certitude d’une erreur qui sera réparée.

    En écoute : "Better Get It In Your Soul", extrait de Mingus Ah Um





    Contrebasse : Charles Mingus
    Saxophone : Booker Ervin et John Handy
    Trombone : Willie Dennis et Jimmy Knepper
    Piano : Horace Parlan
    Batterie : Dannie Richmond

  • Âme

    Mingus Ah UmJe dois bien avouer que je n’en mène pas large… Membre régulier depuis un an d’un collectif de blogueurs ayant pour ambition de publier une fois par trimestre un texte sur un thème commun choisi de manière participative, j’ai laissé le temps passer et me retrouve dans l’obligation de pondre d’ici à ce soir un texte sur le grand Charles Mingus. Que finalement, je connais plutôt mal, même si je n’ignore rien de ce qu’un jazzophile basique est supposé savoir. N’empêche… Je dois trouver un angle d’attaque pour résoudre cette drôle d’équation. En attendant, j’écoute une galette publiée par le contrebassiste voici maintenant cinquante ans, Mingus Ah Um. Un disque essentiel, dont tellement de thèmes sont aujourd’hui autant d’hymnes sans âge ! Je vous laisse écouter les premières minutes de «Better Get It In Your Soul», qui suinte le blues et le negro spiritual. L’âme en musique…

  • Freddie

    freddie_hubbard.jpgJ’avais imaginé, en ce dernier jour de l’année, vous proposer une petite sélection de quelques bonheurs musicaux débusqués en 2008. Dans ma tête circulaient déjà les images et les sons de disques marquants, car il y en a eu, dont je souhaitais partager avec vous la vie et la grâce.
    Et puis… J’ai appris hier qu’un grand monsieur de l’histoire du jazz venait de nous quitter : âgé de 70 ans, Freddie Hubbard, est mort des suites d’une crise cardiaque.
    70 ans ? Seulement ? Incroyable…
    Freddie Hubbard, c’était pour moi avant tout la fougue d’un jeune musicien âgé de 23 ans qui débordait d’énergie aux côtés de John Coltrane en 1961 pour l’enregistrement du mythique Olé. A cette époque, il participait à l’aventure des Jazz Messengers d’Art Blakey, avant de travailler aux côtés d’autres géants comme Sonny Rollins, Eric Dolphy, Herbie Hancock, Ornette Coleman ou Quincy Jones. Il avait su s’affranchir des frontières et faire traverser sa musique par de nombreux courants, en commençant par recevoir l’influence du grand Miles avant de s’émanciper et de trouver sa propre voie. Sa discographie, en tant que leader ou comme sideman, est abondante et j’aimerais ici vous proposer un petit hommage avec «Red Clay», extrait de l'album éponyme publié en 1970. Le casting est somptueux, excusez du peu : aux côtés du trompettiste, on trouve Joe Henderson au saxophone ténor, Herbie Hancock au piano, Ron Carter à la contrebasse et Lenny White à la batterie. Rien que ça.
    Chapeau bas monsieur Freddie, et bonne chance pour vos nouvelles aventures.

  • Etonnant

    jma_081128.jpg

    Voici quelques semaines, j'avais évoqué ici-même la sortie d'un disque enregistré en solo par le pianiste Jean-Michel Albertucci. Ses Etranges Fantaisies, passionnant voyage au pays de la liberté, m'ont donné envie d'en savoir un peu plus sur ce musicien et de lui accorder suffisamment de temps pour nous parler de ce bel enregistrement.

    Une heure d'entretien, dont la quasi totalité est retranscrite sur mon autre espace, c'est ICI !

    On pourra toujours en profiter pour écouter à nouveau un petit extrait du disque, "Horizontale".

  • Convergences

    Dans son numéro de décembre, le magazine Jazzman interroge l’animateur Frédéric Taddeï sur sa relation au jazz. Je relève dans ses propos bien des observations que je pourrais reprendre à mon compte. Quelques citations :
    « Il est important de savoir par quelle porte entrer dans une œuvre aussi foisonnante et contrastée que celle de Miles. Et c’est mieux si on a un guide… ». J’ai eu besoin quant à moi d’un tel guide pour comprendre le cheminement de Coltrane.
    « Je ne conçois le jazz en concert que dans un club… ». Idem pour moi, sauf que Taddeï veut ce club enfumé alors que l’éviction de la tabagie passive est pour moi comme beaucoup d’autres une aubaine.
    « Lorsque j’ai découvert le jazz (…), il a fallu que je me refasse l’histoire, comme je le fais toujours quand j’aime quelque chose ». Ce n’est pas le passionné de musique, fouineur d’intégrales, qui dira le contraire.
    « Je viens du rock, le jazz est arrivé ensuite ; j’ai des références binaires, un peu bébêtes. Et depuis que je connais le second, je trouve le premier un peu limité ». Là, je suis moins d’accord, il y a énormément de richesses dans le monde du rock, dont le cadre formel peut parfois paraître plus simpliste, mais cette musique véhicule une énergie essentielle lorsqu’elle est portée par des musiciens habités.
    « Je suis toujours heureux d’entendre des traces de soul, de rock, ou même de variété. Le jazz a cela de formidable qu’il peut transcender n’importe quelle mélodie » : tu l’as dit, Taddeï !

  • Fini

    dave_liebman.jpgLe rideau est tombé samedi soir sur le Festival Nancy Jazz Pulsations, qui fêtait en 2008 son trente-cinquième anniversaire. Avant de penser à un bilan un peu plus approfondi, c’est le moment de se remémorer quelques temps forts de la grosse dizaine de soirées auxquelles j’ai pu assister : la fougue prometteuse de jeunes musiciens, tels que les pianistes Tigran Hamasyan ou Yaron Herman ; les flamboyances du Mega Octet d'Andy Emler ; la vibration, entre Bartok et Coltrane, de la Neffesh Music de ce grand monsieur qu’est Yochk’O Seffer ; la grâce qui semble habiter la musique de Dee Dee Bridgewater depuis qu’elle a choisi de conjuguer le jazz et ses origines maliennes ; l’éternelle jeunesse de John Mayall qui, à 75 ans, joue le blues avec l’énergie des premières heures ; l’énorme concert du saxophoniste Dave Liebman (notre photo) qui a littéralement soulevé le Jazz Club de la MJC Pichon, plein comme un œuf d’un public chaviré de bonheur.