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hugh coltman

  • Dedicated to Hugh (but you weren't reading)

    Avant toute chose, on me pardonnera ce titre en anglais mais… je ne serais pas étonné que quelques uns parmi vous aient compris le clin d'œil ! Et que les autres ne m'en veuillent pas, tant il est vrai que ma nature profonde me gifle sans cesse de l'idée que nul ne saurait être omniscient, moi le premier.
 Néanmoins, je précise qu'il ne sera pas ici question de la moindre machine molle !

    hugh coltman, zero killedDans notre grande série "Je ne suis pas forcément là où m'on attend et ça n'est pas pour me déplaire", voici quelques lignes consacrées à un disque publié au mois d'octobre par Hugh Coltman. Ce chanteur anglais atypique (contrairement à quelques pigeons hexagonaux, il semble avoir choisi de faire le chemin inverse pour s'établir en France, et tout me porte à croire qu'il n'est guère sensible aux sirènes dictatoriales en vogue chez quelques pipole en état avancé de déliquescence mentale) dont il a déjà été question par ici, notamment à l'occasion de la sortie en 2008 de son précédent disque, Stories From The Safe House, mais aussi après un concert à quelques encâblures de Nancy, au mois de mars 2009, nous propose Zero Killed, un petit bijou hyper mélodique qui mériterait certainement une plus forte exposition.

    Bien que ma légendaire souplesse - équivalente à celle d'un vieux bout de bois séché se morfondant au fond d'un panier où la seule perspective d'avenir réside dans un grand saut vers une cheminée habitée de braises rougeoyantes - m'interdise d'envisager un jour de parvenir un jour à exécuter un grand écart, je ne voudrais pas vous priver du partage d'un plaisir simple, tout en élans pop rock les plus accueillants, d'un disque probablement aux antipodes des derniers que j'ai célébrés récemment par ici. On peut aimer les suggestions poétiques de Bruno Tocanne, se délecter des trouvailles acousmatico-shorteriennes du PMT QuarKtet, sans pour autant jeter une oreille condescendante sur une production artistique dont la filiation post-Beatles est indubitable. Il y a des moments, comme ça, où une succession de pop songs délicatement troussés, suffisent à votre petit bonheur d'un jour. Un sens partagé de la mélodie, tant dans sa fibre Mc Cartney (« Carnival », « Mice And Men ») que Lennon (« All You Said »), des textes intelligents et doux amers, une production très soignée qui s'autorise le recours à des arrangements de cordes soyeux mais jamais dégoulinants : voilà, c'est ça et rien d'autre, l'univers de Mister Coltman et c'est déjà beaucoup. Et puis tout de même, il y a chez lui ce sens assez incroyable du thème qui vous accroche par le bas du pantalon (ou de la jupe, ou de ce que vous voulez d'ailleurs…), au point qu'on en vient à s'étonner de cet alignement assez stupéfiant de hits en puissance. Tiens, pour citer les plus entêtants : « Isolation », « She Signs Her Name », « Mice And Men », « Sticks And Stones », « The End Of The World »… Ces petites pépites sont réjouissantes et je me permets d'insister sur le fait que la musique de Hugh Coltman me semble à même de rassembler un public assez large sans jamais tomber dans le piège d'une variété insipide et bavarde. Les chansons de notre ami anglais sont d'une belle concision, alliage réussi d'élégance et de tonicité.

    Cerise sur le gâteau, Hugh Coltman s'est payé le luxe d'un sacré complice pour la réalisation du clip de « The End Of The World » : voilà monsieur Pierre Richard himself, l'un de ses acteurs préférés, mis en scène dans le rôle d'un drôle d'écrivain double à deux doigts. Et quel plaisir de retrouver notre distrait grand blond, avec ou sans sa chaussure noire !

    On reparlera très vite de Hugh Coltman puisque le chanteur sera bientôt à l'affiche de Sing Twice!, le nouveau disque du pianiste Éric Legnini, le temps de trois chansons dont il a signé les textes, notamment celui de « Snow Fall », le plus beau moment de l'album, à n'en pas douter. Coltman se produit depuis quelque temps sur scène avec le trio de Legnini (qu'il a rencontré sur le plateau de feue One Shot Not, belle émission d'Arte animée par Manu Katché), d'autres concerts sont annoncés. Affaire à suivre, donc…

    En attendant, pas la moindre hésitation : ouvrons les fenêtres, laissons entrer la musique de Hugh Coltman, elle fait du bien. Ses airs, bien loin d'être viciés, sont un petit enchantement. Mine de rien, Zero Killed fait partie des disques qui tournent en boucle chez moi depuis trois mois, sans que jamais le moindre sentiment de lassitude ne m'ait gagné un seul instant. Allez, j'y retourne encore une fois !

  • Asile

    hugh_coltman.jpgJe ne connaissais pas grand chose de cet anglais de trente-six ans, qui publie un premier album sous son nom. Je savais seulement qu'il avait été le chanteur d'un groupe appelé The Hoax et qu'il s'était installé en France depuis plusieurs années. Pour l'avoir récemment entendu sur France Inter, je peux même témoigner de la qualité impeccable de son français, que bien des ressortissants de notre pays si fiers de mal parler les langues étrangères pourraient lui envier. C'est donc avec un vrai plaisir que j'ai pu découvrir Hugh Coltman et ses Stories from the Safe House : sa musique teintée de rock, de folk et dont les climats lorgnent parfois vers une ambiance jazz, est empreinte d'une belle élégance qui n'est pas sans rappeler celle d'un autre britannique, l'excellent Piers Faccini. On pense aussi parfois, pour le timbre de la voix, à un autre grand monsieur, le regretté Jeff Buckley. Une galette à recommander !