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i-overdrive trio

  • Discovery, immersion... commerce

    pink floyd,i-overdrive trioQu’on ne se méprenne pas sur le sens de cette note : adolescent, j’étais fasciné par la musique de Pink Floyd. Je me rappelle même avoir fait le siège du bureau de l’économe de mon lycée jusqu’à ce qu’il accepte l’idée d’affréter un bus pour emmener une cinquantaine de lycéens, dont ma sœur et moi, de Verdun à Nancy, histoire d'applaudir le groupe en pleine tournée promotionnelle de The Dark Side Of The Moon, au mois de décembre 1972. Je n’avais pas encore 15 ans, j’avais dans ma besace à musique de longues heures passées dans ma chambre à écouter « Echoes » et ses sirènes inquiétantes avec un camarade de classe. C’était le disque Meddle, emprunté à ma sœur - encore elle - qui avait eu la bonne idée de l'acheter… Aujourd’hui, le groupe occupe toujours une place non négligeable dans mon modeste Panthéon (qui est un peu décousu, je l’admets), ma préférence allant toutefois pour ses premières années : celle des deux premiers albums imprégnés de la folie de Syd Barrett mais aussi les suivantes et leur psychédélisme planant (jusqu'à Obscured By Clouds). The Dark Side Of The Moon aura marqué une rupture, celle d’un succès planétaire combiné à une disparition progressive des envolées cosmiques un peu folles pour céder la place à un univers plus contrôlé. Trop à mon goût, comme si le groupe perdait doucement son âme... Bien sûr, il y aura The Wall, en 1979, lui-même entré dans la légende mais… non, désolé, c’est un autre Pink Floyd dans lequel je ne me suis jamais vraiment retrouvé. Au point de m'ennuyer fermement avec la parution, quatre ans plus tard, de The Final Cut.

    Mais quand je vois comment les majors envahissent actuellement le terrain médiatique pour tenter de nous refourguer une nouvelle intégrale (la Discovery Edition, soit toute la discographie de Pink Floyd remasterisée) tout en publiant dans le même temps une version Immersion Box Set de The Dark Side Of The Moon, précédant elle-même le lifting annoncé de The Wall, force est de constater, une fois de plus, que les actionnaires de ces grands groupes financiers ne misent plus un seul kopeck sur des talents en devenir – c’est-à-dire ceux-là même qui en auraient le plus besoin – et préfèrent assurer leurs arrières en multipliant les profits sur des produits rentabilisés depuis des décennies. Autant de boîtes à l'emballage savamment étudié mais qui sentent un peu trop le réchauffé. Marketing, quand tu nous tiens...

    Et je me dis qu’en 2011, le joueur de pipeau aurait beau s’échiner à s’avaler une saucière de secrets aux portes de l’aube, il se fracasserait le nez sur un mur, celui de l’argent… un mur obscurci par les nuages mercantiles de notre société embarquée dans une cynique dérive. En 2011, le Pink Floyd de Syd Barrett ne verrait pas le jour, personne ne lui donnerait sa chance, il serait un groupe mort-né…

    Alors plutôt que de dépenser des sommes folles dans d’inutiles rééditions bien trop coûteuses sous couvert de je ne sais quelle remasterisation ou de publication annexe de quelques fonds de tiroir d’un intérêt incertain sur des CD qualifiés de bonus, je me dis qu’il nous appartient d’être les acteurs de ce jeu en procédant aux bons choix. Tenez par exemple : cette histoire de Pink Floyd m’a fait penser à un Hommage à Syd Barrett rendu par l’i.overdrive trio (soit Philippe Gordiani à la guitare, Bruno Tocanne à la batterie et Rémi Gaudillat à la trompette) en 2008. Ou comment s’affranchir du modèle sans le faire oublier pour autant, dans une belle manifestation de respect et de talent. Let there be more light, disait Pink Floyd en 1968 : je suis bien d'accord, alors mettons plutôt en lumière des artistes qui restent trop dans l'ombre à mon goût...

    Et si on écoutait l’i.overdrive trio dans sa reprise du légendaire « Astronomy Domine » ?

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